L’art d’être humble

L’art d’être humble

Plus de la moitié de ma vie, j’étais dans une forme de quête spirituelle. J’ai emmagasiné toute mon énergie, tout ce qu’il m’était possible de faire pour atteindre l’inexprimable, la grâce, la beauté absolue. J’ai même eu l’occasion de le vivre. Ces moments de grâce, auxquels on goûte tous un jour, là où l’on fait un avec la nature, avec l’univers, et où les choses semblent être parfaitement à leur place.

L’idée était d'élargir ces moments, de gagner en profondeur, de les rendre de plus en plus permanents.

Il fallait probablement faire tout ce cheminement pour en arriver là, mais aujourd’hui ma vision a bien évolué voir même s’est inversée :

« Tous les fleuves se jettent dans la mer
Parce qu’elle est plus basse qu’ils ne sont,
L’humilité lui confère sa puissance. »

Lao Tseu.

Il me semble à présent que c’est plutôt dans l’acceptation de ce qui est que ça se passe. Dans une forme d’accordage au courant naturel et spontané des choses.
Au lieu de projeter, d’aller vers, de forcer, de laisser plutôt humblement la place à ce qui est déjà là.

Il n’y plus qu’à faire ce que la journée demande dans une attitude de lâcher-prise. De confiance en la vie. À faire les choses sérieusement mais sans se prendre au sérieux.

Cette attitude nous met directement dans une forme d’harmonie, de souplesse et de simplicité. Au lieu de rejeter ce qui est, on développe une complicité ou encore une intimité avec l’instant.

Dans l’ordinaire comme dans l'extraordinaire. Satisfait, comblé.

Juste être.

Humblement.

« C’est en donnant qu’on reçoit », nous dit saint François d’Assise.

Prendre soin de la terre, du vivant, du quotidien et de soi-même.

C’est de cette manière que je conçois aujourd’hui le yoga.

Yotham

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