L’art de voir
L’être humain a toujours eu, et peut-être encore davantage aujourd’hui, des opinions très tranchées. Pourtant, penser détenir une vérité plutôt qu’une autre n’est pas sans conséquences. Essayons, dans la limite des quelques lignes qui suivent, d’exposer une manière différente et originale d’aborder ce qui nous entoure.
« Lorsque les gens voient certaines choses comme belles,
d’autres deviennent laides.
Lorsque les gens voient certaines choses comme bonnes,
d’autres deviennent mauvaises… »
Tao Te King, 2
C’est notre regard, appuyé par le mental, qui crée la dualité et génère les opposés.
On le sait : le mental est fait pour classifier, nommer, organiser. C’est indispensable à la vie. Sans lui, impossible de fonctionner, de se repérer, de survivre.
L’être humain a toujours eu, et peut-être encore davantage aujourd’hui, des opinions très tranchées. Pourtant, penser détenir une vérité plutôt qu’une autre n’est pas sans conséquences. Essayons, dans la limite des quelques lignes qui suivent, d’exposer une manière différente et originale d’aborder ce qui nous entoure.
« Lorsque les gens voient certaines choses comme belles,
d’autres deviennent laides.
Lorsque les gens voient certaines choses comme bonnes,
d’autres deviennent mauvaises… »
Tao Te King, 2
C’est notre regard, appuyé par le mental, qui crée la dualité et génère les opposés.
On le sait : le mental est fait pour classifier, nommer, organiser. C’est indispensable à la vie. Sans lui, impossible de fonctionner, de se repérer, de survivre.
L’accent mis sur la dualité est profondément ancré dans notre culture, dans nos sociétés, dans nos religions et dans nos manières de penser. Mais lorsque toute notre vision repose essentiellement sur cette logique, le prix à payer peut être élevé : émergent alors la différence, la séparation, la hiérarchisation.
Or les choses, avant d’être interprétées par notre mental, sont. Avant d’être beau ou laid, bon ou mauvais, un phénomène apparaît simplement. Il existe. Sans commentaire. Sans attribution.
En Orient, on cultive beaucoup ce regard qui ramène plutôt vers l’union que vers la séparation. La pratique consiste alors à apprendre à observer sans commenter, sans nommer, sans fixer, sans se placer soi-même au centre de l’expérience. Passer d’un regard personnel chargé d’histoire, de préférences, de subjectivité, d’acceptations et de rejets, à un regard impersonnel, accueillant et ouvert.
Certaines pratiques issues du zen vont volontairement dans ce sens. Elles utilisent des phrases ou des situations paradoxales pour amener le mental à ses propres limites. Lorsqu’il ne peut plus conclure, autre chose peut apparaître à la place : une qualité de présence.
Lorsqu’un tel regard unifiant s’installe, il nous ramène naturellement vers l’équanimité, cette capacité à rester présent et stable quels que soient les événements. Il permet d’accéder à ce qui se cache derrière les apparences. De toucher à l’essence. Au centre.
Pierre Feuga et le Yoga du Cachemire
C’est lors de mes études universitaires que j'ai fait mes premiers pas sur un tapis de yoga. J’ai suivi un cours hebdomadaire de hatha-yoga sans imaginer ce qui pouvait se cacher derrière cette pratique. Puis un jour, en sortant d’un cours « ordinaire », un état de grâce, de clairvoyance, un état de yoga, complètement inconnu pour moi, me tombe dessus et persiste pendant trois jours. Cette expérience a été déterminante pour la suite de ma vie.
Aussitôt, j’ai eu envie de tout savoir sur le yoga. J’ai commencé à le pratiquer quotidiennement, à modifier progressivement mon style de vie et mon alimentation jusqu’à devenir végétarien. Je dévorais tout livre sur le sujet qui me tombait sous la main. Un de mes premiers livres a été « le yoga » de Pierre Feuga et Tara Michaël.
Pierre enseignait le yoga à Paris, alors je l’ai tout de suite appelé. Il me donna rendez-vous chez lui, où il donnait ses cours, pour un entretien. Je me revois ce jour-là, très jeune et impressionné, assis face à celui qui a joué le rôle d’un maître pour moi, rôle qu’il n’a cependant jamais voulu jouer.
C’est lors de mes études universitaires que j'ai fait mes premiers pas sur un tapis de yoga. J’ai suivi un cours hebdomadaire de hatha-yoga sans imaginer ce qui pouvait se cacher derrière cette pratique. Puis un jour, en sortant d’un cours « ordinaire », un état de grâce, de clairvoyance, un état de yoga, complètement inconnu pour moi, me tombe dessus et persiste pendant trois jours. Cette expérience a été déterminante pour la suite de ma vie.
Aussitôt, j’ai eu envie de tout savoir sur le yoga. J’ai commencé à le pratiquer quotidiennement, à modifier progressivement mon style de vie et mon alimentation jusqu’à devenir végétarien. Je dévorais tout livre sur le sujet qui me tombait sous la main. Un de mes premiers livres a été « le yoga » de Pierre Feuga et Tara Michaël.
Pierre enseignait le yoga à Paris, alors je l’ai tout de suite appelé. Il me donna rendez-vous chez lui, où il donnait ses cours, pour un entretien. Je me revois ce jour-là, très jeune et impressionné, assis face à celui qui a joué le rôle d’un maître pour moi, rôle qu’il n’a cependant jamais voulu jouer.
C‘est pendant ses cours, où il y avait très peu de paroles, très peu de techniques, que j’ai ressenti et reçu ce que je considère comme étant le souffle ou la magie du yoga. Depuis, j’ai rarement assisté à des cours où la vibration est à ce point palpable. Les discussions avec Pierre, ses écrits, m’ont littéralement façonné.
Il existe une différence fondamentale, qu’il me semble essentiel de saisir, entre plusieurs formes de yoga et le yoga du Cachemire. Dans le hatha-yoga et ses dérivés, ou encore dans le raja-yoga, la pratique est envisagée comme un moyen pour parvenir à un but, celui de l’union. Une stratégie très précise est mise en place, soit pour optimiser et maximiser la circulation de l’énergie dans le corps, soit pour mettre fin à l’agitation du mental afin d’atteindre l’éveil.
Dans le Yoga du Cachemire, la pratique elle-même est le but, ou plutôt l’expression de l’unité. Il n’y a aucune projection dans le cœur du pratiquant. Il n’y a pas de programme avec des étapes et des bons points. Il y a simplement la joie de pratiquer, d’explorer le corps, le rapport à l’espace, de développer son écoute, sa sensibilité, et le sentiment d’intimité avec ce qui est. C’est une voie dite directe où, sans détour, on laisse simplement la place à ce qui est toujours là, mais qui est comme masqué par un regard, par un positionnement intérieur qui voit les choses comme étant incomplètes, comme devant être perfectionnées.
Quelques jours après le décès de Pierre en 2008, Jean Klein, qui a initié Pierre à ce yoga, m’est apparu dans un rêve. Assis dans une posture de méditation, tout digne, il me disait simplement : « Pierre avait toujours tracé son propre chemin, il n’a jamais essayé de m’imiter. À présent, c’est à toi de le faire. » Ce conseil m’a toujours accompagné dans mon parcours. Être libre, c’est ne dépendre ni de la pratique, ni de l’enseignement, ni du maître.
« Le yoga est un moyen très complexe pour comprendre qu’il ne sert à rien », me disait Pierre lors de nos échanges. Ayant eu beaucoup de feu dans ma jeunesse, il m’a fallu faire pas mal de détours pour le saisir. Mais aujourd’hui, vingt ans plus tard, je comprends profondément cette phrase. Merci à toi, capitaine, de m’avoir transmis ce qui est peut-être le plus précieux.
Une histoire d’attraction
En 2021, en pleine crise du Covid, un grand carrefour très inattendu s’est ouvert à moi grâce à la situation et à son impact sur mon entourage : la possibilité de commencer une nouvelle vie ailleurs. Même si j’étais plein de gratitude pour toutes ces années de réalisation professionnelle en tant qu’enseignant de yoga dans la capitale, je sentais très fortement l’appel de la nature et d’un mode de vie bien différent.
Après plusieurs mois de réflexion, la décision est tombée : suivre cet élan.
Mais où aller ? Et dans quelles conditions ?
Un dimanche après midi, en lune montante, avec mon fils cadet alors âgé de huit ans, nous avons décidé d’essayer d’activer la loi de l’attraction et d’inviter la maison de nos rêves à se manifester dans notre vie. Munis de quelques feutres, nous avons posé sur le papier tout ce qui nous traversait l’esprit et nous faisait rêver. Une fois le dessin terminé, nous l’avons accroché au mur Est de la maison.
En 2021, en pleine crise du Covid, un grand carrefour très inattendu s’est ouvert à moi grâce à la situation et à son impact sur mon entourage : la possibilité de commencer une nouvelle vie ailleurs. Même si j’étais plein de gratitude pour toutes ces années de réalisation professionnelle en tant qu’enseignant de yoga dans la capitale, je sentais très fortement l’appel de la nature et d’un mode de vie bien différent.
Après plusieurs mois de réflexion, la décision est tombée : suivre cet élan.
Mais où aller ? Et dans quelles conditions ?
Un dimanche après midi, en lune montante, avec mon fils cadet alors âgé de huit ans, nous avons décidé d’essayer d’activer la loi de l’attraction et d’inviter la maison de nos rêves à se manifester dans notre vie. Munis de quelques feutres, nous avons posé sur le papier tout ce qui nous traversait l’esprit et nous faisait rêver. Une fois le dessin terminé, nous l’avons accroché au mur Est de la maison.
Après un voyage de prospection en Ardèche puis dans les Cévennes, je suis arrivé dans la haute vallée de l’Aude. La douceur du climat, la lumière, la beauté de la nature, ainsi que la simplicité et la bienveillance de ses habitants m’ont immédiatement séduit. C’était pourtant, parmi les possibilités envisagées, le lieu le plus éloigné de Paris où j’avais encore quelques attaches.
Je me souviens encore de mon arrivée, par une journée ensoleillée, dans un magnifique petit village nommé Festes, où je me suis immédiatement vu vivre.
En me promenant dans le village, je suis passé devant une maison en fin de construction devant laquelle travaillait une jeune femme qui m’a salué avec un beau sourire. J’ai continué quelques pas, puis l’authenticité de ce sourire m’a fait faire demi tour pour aller échanger avec elle. Je me suis présenté en ajoutant que je cherchais une location. Elle m’a répondu que, justement, elle cherchait un locataire. Je venais de trouver la maison.
Ce qui est assez étonnant, c’est que presque tous les détails que nous avions dessinés étaient présents, jusqu’à quelques pieds de tomates au potager lors de notre emménagement.
J’y ai vécu deux années très heureuses et douces dans cette maison écologique en paille terre, avant de trouver la ferme actuelle, où j’essaie de déployer un projet qui a beaucoup de sens pour moi. Deux années de relatif repos, entre l’intensité de la vie parisienne et la vie exigeante à la ferme.
Avec le recul, je ne sais pas dire si c’est la loi de l’attraction qui a agi, la clarté de l’intention, la disponibilité intérieure, ou simplement le fait d’avoir osé bouger. Sans doute un peu de tout cela.
Ce que je constate, en revanche, c’est que lorsque l’on formule clairement notre intention et que l’on commence à marcher dans cette direction, notre manière de voir change et les occasions deviennent plus visibles. Le reste est entre les mains de la magie de la vie.
L’art d’être solide
Il m’arrive de croiser de plus en plus de personnes en état de burn-out et/ou sous antidépresseurs. Si ces mots peuvent soutenir, même modestement, celles et ceux qui sont concernés, il me semble utile d’explorer comment une approche parallèle peut contribuer à une amélioration de ces états, notamment à travers la notion de solidité intérieure.
La solidité, dans ce contexte, serait l’aptitude à rester présent et centré même sous pression et surtout la capacité à mettre en œuvre tout ce qui est possible pour aller vers ce qui est juste pour soi.
Regardons à présent du côté de la tradition. Lorsqu’on compare les différentes voies initiatiques dans le monde, on constate qu’une qualité, un prérequis, revient presque toujours : le courage.
Il m’arrive de croiser de plus en plus de personnes en état de burn-out et/ou sous antidépresseurs. Si ces mots peuvent soutenir, même modestement, celles et ceux qui sont concernés, il me semble utile d’explorer comment une approche parallèle peut contribuer à une amélioration de ces états, notamment à travers la notion de solidité intérieure.
La solidité, dans ce contexte, serait l’aptitude à rester présent et centré même sous pression et surtout la capacité à mettre en œuvre tout ce qui est possible pour aller vers ce qui est juste pour soi.
Regardons à présent du côté de la tradition. Lorsqu’on compare les différentes voies initiatiques dans le monde, on constate qu’une qualité, un prérequis, revient presque toujours : le courage.
Dans le tantrisme, dont le hatha-yoga fait partie, la notion de vīra, le héros, est très développée. Ce héros tantrique est courageux, non conformiste, déterminé. Il n’a pas peur de regarder ses peurs, de traverser ses conditionnements, de rencontrer ses zones d’ombre. Ce héros-là est aussi capable de rester en retrait lorsque c’est nécessaire, de demeurer dans l’ombre. Il sait écouter. C’est un être libre.
En Amazonie, terre où la solidité est parfois une question de survie, on parle de firmeza : stabilité, ancrage, centrage, alignement. Elle se manifeste par la posture, la respiration, le regard et la capacité à rester ancré dans le juste.
Dans la pratique du yoga, l’ancrage et l’affirmation peuvent se cultiver notamment à travers les postures debout (guerriers, triangles…). Les salutations au soleil apportent également de la tenue et de la souplesse. Les postures d’extension (cobra, arc…) contribuent, quant à elles, à l’ouverture, à l’expansion et à la solidité.
La respiration est, elle aussi, une clé majeure. Il s’agit de rester profondément relié à son souffle, en l’invitant à ralentir, à s’approfondir et à s’apaiser. La respiration alternée est également une pratique majeure pour revenir vers un état d’équilibre intérieur.
Lorsqu’un état de burn-out ou de dépression s’installe, la démarche gagne évidemment à être globale et holistique : thérapie, alimentation, hygiène de vie, ainsi que pratiques corporelles et respiratoires de ce type.
Nous avons tous le droit, et j’oserais dire presque le devoir, d’être bien avec nous-mêmes, bien dans notre habitat, bien avec la personne avec qui nous vivons, et bien dans le travail que nous faisons. C’est si précieux.
Comme en syntropie, où le jardin fleurit davantage grâce à une taille juste, la vie humaine semble, elle aussi, se développer au mieux sur un fil. Ce sont souvent les moments de crise qui permettent d’évoluer, de réfléchir et, parfois, de sortir la machette pour couper ce qui doit l’être, afin de mieux orienter son énergie et de s’installer dans ce qui est juste pour soi.
L’art de ne pas savoir
Lorsque j’ai fait mes premiers pas dans le monde du yoga, j’adorais lire tout livre qui se rapprochait, de près ou de loin, du sujet. J’étais devenu un habitué, presque hebdomadaire, des librairies spécialisées à Paris, où je passais des heures à la recherche d’ouvrages toujours plus rares, censés révéler des secrets bien gardés.
Les années ont passé, et les livres comme les lectures se sont accumulés.
Puis, un beau jour, je suis tombé sur cette phrase :
« Dans la recherche du savoir,
chaque jour quelque chose est ajouté.
Dans la pratique du Tao,
chaque jour quelque chose est lâché… »
Lorsque j’ai fait mes premiers pas dans le monde du yoga, j’adorais lire tout livre qui se rapprochait, de près ou de loin, du sujet. J’étais devenu un habitué, presque hebdomadaire, des librairies spécialisées à Paris, où je passais des heures à la recherche d’ouvrages toujours plus rares, censés révéler des secrets bien gardés.
Les années ont passé, et les livres comme les lectures se sont accumulés.
Puis, un beau jour, je suis tombé sur cette phrase :
« Dans la recherche du savoir,
chaque jour quelque chose est ajouté.
Dans la pratique du Tao,
chaque jour quelque chose est lâché… »
Aujourd’hui, je n’ouvre plus aucun de ces livres. J’en ai trop lu, jusqu’à atteindre une forme de saturation.
Cette citation du Tao Te King résonne désormais bien davantage avec mon élan actuel : désapprendre.
Chez Platon, le savoir est un discernement, une manière de voir juste au-delà des apparences. C’est d’ailleurs une idée très proche du yoga classique, où la délivrance vient d’un discernement clair entre le réel et le mental.
Chez Descartes, le savoir est une voie d’émancipation : par l’analyse et la méthode, l’être humain gagne en autonomie et en maîtrise.
Le taoïsme, quant à lui, se méfie du savoir abstrait, mais reconnaît un savoir fonctionnel : un savoir qui sait quand agir, quand ne pas agir, et comment s’accorder au mouvement de la vie. Pas plus.
Pour lui, plus on pense savoir, plus l’écoute se limite.
Quand tout est déjà bien rangé dans le mental, quand on croit savoir, une certaine fermeture apparaît, parfois même une forme d’arrogance. Le risque est alors de ramener constamment les choses à ce qui est déjà connu, à notre savoir acquis et très probablement partiel.
La pratique nous invite alors à être de moins en moins dans les concepts, les commentaires et les préjugés.
Lorsqu’il y a simplicité et humilité, il devient possible de rester pleinement ouvert à ce qui se présente, sans chercher à y plaquer tel ou tel savoir, telle ou telle idée.
Il y a alors un accueil véritable de ce qui est, une disponibilité que l’on pourrait qualifier de multidimensionnelle.
Le rapport à l’instant présent ne passe plus par la tête, mais par le corps, par la sensation et par l’intuition.
Il y a des questions pour lesquelles il n’y a pas de réponse. Le mystère, justement.
La tête vide, le cœur plein, et tout prend sa place.
L’art d’être humble
Plus de la moitié de ma vie, j’étais dans une forme de quête spirituelle. J’ai emmagasiné toute mon énergie, tout ce qu’il m’était possible de faire pour atteindre l’inexprimable, la grâce, la beauté absolue. J’ai même eu l’occasion de le vivre. Ces moments de grâce, auxquels on goûte tous un jour, là où l’on fait un avec la nature, avec l’univers, et où les choses semblent être parfaitement à leur place.
L’idée était d' élargir ces moments, de gagner en profondeur, de les rendre de plus en plus permanents.
Il fallait probablement faire tout ce cheminement pour en arriver là, mais aujourd’hui ma vision a bien évolué voir même s’est inversée :
Plus de la moitié de ma vie, j’étais dans une forme de quête spirituelle. J’ai emmagasiné toute mon énergie, tout ce qu’il m’était possible de faire pour atteindre l’inexprimable, la grâce, la beauté absolue. J’ai même eu l’occasion de le vivre. Ces moments de grâce, auxquels on goûte tous un jour, là où l’on fait un avec la nature, avec l’univers, et où les choses semblent être parfaitement à leur place.
L’idée était d'élargir ces moments, de gagner en profondeur, de les rendre de plus en plus permanents.
Il fallait probablement faire tout ce cheminement pour en arriver là, mais aujourd’hui ma vision a bien évolué voir même s’est inversée :
« Tous les fleuves se jettent dans la mer
Parce qu’elle est plus basse qu’ils ne sont,
L’humilité lui confère sa puissance. »
Lao Tseu.
Il me semble à présent que c’est plutôt dans l’acceptation de ce qui est que ça se passe. Dans une forme d’accordage au courant naturel et spontané des choses.
Au lieu de projeter, d’aller vers, de forcer, de laisser plutôt humblement la place à ce qui est déjà là.
Il n’y plus qu’à faire ce que la journée demande dans une attitude de lâcher-prise. De confiance en la vie. À faire les choses sérieusement mais sans se prendre au sérieux.
Cette attitude nous met directement dans une forme d’harmonie, de souplesse et de simplicité. Au lieu de rejeter ce qui est, on développe une complicité ou encore une intimité avec l’instant.
Dans l’ordinaire comme dans l'extraordinaire. Satisfait, comblé.
Juste être.
Humblement.
« C’est en donnant qu’on reçoit », nous dit saint François d’Assise.
Prendre soin de la terre, du vivant, du quotidien et de soi-même.
C’est de cette manière que je conçois aujourd’hui le yoga.
Yotham
L’art d’agir
Lorsque ma grand-mère paternelle était sur le point de quitter cette terre, je lui ai posé la question suivante :
Du haut de tes 92 ans, quel est pour toi le secret du bonheur ? Quel dernier conseil peux-tu me donner pour la route ?
Sa réponse fut directe, sans détour : mettre tout son cœur dans n’importe quelle action.
Marquée par le socialisme de son époque, Odette n’était pas particulièrement spirituelle au sens où on l’entend aujourd’hui. Et pourtant, pour moi, elle avait compris l’essentiel. Elle m’a profondément inspiré durant mon enfance.
Des années plus tard, en découvrant le yoga et la sagesse indienne, j’ai été frappé de constater à quel point cette notion d’implication dans l’action constituait un yoga à part entière.
Lorsque ma grand-mère paternelle était sur le point de quitter cette terre, je lui ai posé la question suivante :
Du haut de tes 92 ans, quel est pour toi le secret du bonheur ? Quel dernier conseil peux-tu me donner pour la route ?
Sa réponse fut directe, sans détour : mettre tout son cœur dans n’importe quelle action.
Marquée par le socialisme de son époque, Odette n’était pas particulièrement spirituelle au sens où on l’entend aujourd’hui. Et pourtant, pour moi, elle avait compris l’essentiel. Elle m’a profondément inspiré durant mon enfance.
Des années plus tard, en découvrant le yoga et la sagesse indienne, j’ai été frappé de constater à quel point cette notion d’implication dans l’action constituait un yoga à part entière.
Lorsque j’entends aujourd’hui des personnes dire « j’adore faire ceci » ou « je déteste faire cela », cela me fait souvent sourire. Lorsqu’on s’occupe d’une ferme, ces préférences deviennent très secondaires, parfois même inappropriées. On fait plutôt ce que la journée demande, sans se poser trop de questions. Toutes les tâches sont mises sur le même plan, et l’art consiste alors à y mettre pleinement son cœur.
Mais ce yoga va encore plus loin. Il nous invite à nous libérer même du résultat.
Agir pour l’action elle-même, sans but à atteindre, sans satisfaction égotique. Une phrase issue du zen, que j’aime répéter aux élèves, dit que « lorsqu’on atteint un objectif, on passe à côté de tout le reste ». Ce n’est pas toujours simple à comprendre pour nous, occidentaux, mais l’idée est de rester ouvert, disponible, libre de toute projection. L’accent est mis sur le chemin.
Au-delà du cœur, il y a aussi la recherche du geste juste : un geste harmonieux, précis, inspiré, reflet d’une plénitude intérieure, où il n’y a ni trop ni pas assez. On peut prendre l’image d’une corde d’instrument de musique, qui ne sonne juste qu’à un point très précis.
Dans la Gītā, la thématique de l’action juste, le karma-yoga, est centrale. Elle nous invite à agir avec soin et avec cœur, sans s’identifier au résultat.
Selon cet enseignement, l’action devient juste lorsqu’elle n’est guidée ni par l’ego, ni par la peur, ni par la recherche de reconnaissance, ni par l’évitement de l’inconfort. C’est la qualité de la présence qui compte.
L’ayurveda va jusqu’à dire qu’agir avec négligence ou à contrecœur peut engendrer des déséquilibres sur le plan physique. Elle nous invite à une vraie réflexion avant l’action, à un choix clair : soit agir en étant entier, soit ne pas agir du tout.
Le taoïsme, quant à lui, insiste sur l’action non égotique : « accomplir sans faire », « enseigner sans parler ». Une action transparente, silencieuse, sans désir de contrôle, sans effort forcé, en harmonie avec le courant naturel de la vie.
Parmi toutes les facettes de l’art d’être que je tente de formuler à travers ces articles, il me semble que celle-ci, l’art d’agir avec implication, est l’une des plus essentielles.
Yotham
L’art de l’adaptabilité
Dans l’hindouisme comme dans le bouddhisme, le constat de départ est clair : derrière les apparences, la vie comporte inévitablement une part de souffrance.
L’être humain est naturellement attiré par le plaisir et cherche à éviter la souffrance. Pourtant, puisque l’impermanence est inhérente à la vie sur terre, ce à quoi nous nous attachons finit tôt ou tard par disparaître, et ce que nous tentons d’éviter finit souvent par se présenter à nous.
La réponse ultime proposée par ces traditions est le déplacement progressif de l’identification (mot clé) de tout ce qui est impermanent (le corps, les pensées, les rôles…) vers un principe considéré comme permanent en nous : le Soi.
Lorsque cette identification est pleinement établie, l’être est dit éveillé ou réalisé.
Mais ce chemin peut être long, exigeant, et peu accessible à court terme.
Dans l’hindouisme comme dans le bouddhisme, le constat de départ est clair : derrière les apparences, la vie comporte inévitablement une part de souffrance.
L’être humain est naturellement attiré par le plaisir et cherche à éviter la souffrance. Pourtant, puisque l’impermanence est inhérente à la vie sur terre, ce à quoi nous nous attachons finit tôt ou tard par disparaître, et ce que nous tentons d’éviter finit souvent par se présenter à nous.
La réponse ultime proposée par ces traditions est le déplacement progressif de l’identification (mot clé) de tout ce qui est impermanent (le corps, les pensées, les rôles…) vers un principe considéré comme permanent en nous : le Soi.
Lorsque cette identification est pleinement établie, l’être est dit éveillé ou réalisé.
Mais ce chemin peut être long, exigeant, et peu accessible à court terme.
C’est pourquoi il me semble très intéressant de parler d’une voie plus immédiate, plus atteignable, et pourtant capable de transformer profondément notre manière de traverser la vie : l’art de l’adaptabilité.
J’aime voir l’adaptabilité comme la capacité à rester, autant que possible, en harmonie avec les circonstances, quelles qu’elles soient. Nous savons tous que là où il y a résistance, il y a souffrance. Refuser la réalité telle qu’elle se présente conduit souvent à la frustration, à la colère ou à la tristesse.
À l’inverse, lorsque l’on est suffisamment solide intérieurement pour danser avec la réalité, plutôt que lutter contre elle, la vie devient étonnamment plus simple.
Un corps souple est précieux, mais un esprit souple est un véritable outil de facilitation.
Il ne s’agit pas de perdre son âme ni de tout accepter passivement. Au contraire, j’ai toujours cherché à rester très fidèle à ce qui est juste pour moi, et à m’y engager, même lorsque le prix à payer était élevé. Mais certaines situations s’imposent à nous, qu’on le veuille ou non, et la seule liberté réelle consiste alors à y faire face dans les meilleures conditions. À apprendre à devenir, autant que possible, “tout terrain”.
L’adaptabilité, c’est l’art de rester dans l’œil du cyclone.
Le Tao Te King l’exprime avec une grande beauté :
“La marque d’un homme modéré
est sa liberté envers ses propres idées.
Tolérant comme le ciel,
solide comme la montagne,
souple comme l’arbre dans le vent,
il n’a pas de destination en vue
et tire parti de tout ce que la vie
vient mettre sur son chemin.
Rien ne lui est impossible
parce qu’il a lâché prise.
Il peut prendre soin des êtres
comme une mère prend soin de son enfant.”
(Tao Te King, chap. 59)
Yotham
L’art d’aimer
J’ai lu un jour qu’il existe, dans l’année, un mois où les séparations et les divorces atteignent un pic : le mois de janvier.
Il y a maintenant quelques années, à l’âge de 37 ans, je suis moi aussi passé, par choix, par cette initiation. Je sentais alors la crise de la quarantaine, arrivée un peu précocement, me frapper de plein fouet.
J’ai entamé à ce moment-là un long travail thérapeutique, intense, qui a duré près de huit ans. Il me fallait remettre à plat tout ce que je croyais être, mes convictions les plus profondes. Couper le bois mort. Mourir, en quelque sorte, pour pouvoir renaître.
J’ai lu un jour qu’il existe, dans l’année, un mois où les séparations et les divorces atteignent un pic : le mois de janvier.
Il y a maintenant quelques années, à l’âge de 37 ans, je suis moi aussi passé, par choix, par cette initiation. Je sentais alors la crise de la quarantaine, arrivée un peu précocement, me frapper de plein fouet.
J’ai entamé à ce moment-là un long travail thérapeutique, intense, qui a duré près de huit ans. Il me fallait remettre à plat tout ce que je croyais être, mes convictions les plus profondes. Couper le bois mort. Mourir, en quelque sorte, pour pouvoir renaître.
L’une des thématiques centrales de ce chemin a été la notion de ce que j’ose appeler l’amour “juste”.
Sans prétendre détenir une quelconque vérité, j’aimerais simplement partager quelques fruits de ce travail personnel.
Il me semble d’abord essentiel d’apprendre à être amoureux de soi, non pas dans un sens narcissique, mais dans une forme d’autonomie affective. Se sentir suffisamment entier permet ensuite d’entrer en relation non pas depuis le manque, mais depuis l’envie saine de partager.
Il me paraît tout aussi fondamental de laisser à l’autre la liberté d’être ce qu’il est, sans chercher à le façonner à l’image de ce que l’on aimerait qu’il soit.
Ne pas enfermer non plus l’être aimé par peur de perdre. Sting, grand yogi à sa manière, l’a très bien formulé : « If you love somebody, set them free ». Et, paradoxalement, c’est souvent bien plus attirant.
Je ne développerai pas ici les mécanismes de chantage affectif, de culpabilisation et de victimisation, qui m’ont appris, avec le temps, à prendre de la distance.
La communication est un pilier si important à mes yeux. Une communication constante, fondée sur satya, la véracité, ce principe du yoga qui nous invite à aligner pensée, parole et action. Dans l’amour comme dans la vie, cet alignement change tout.
Dans cet amour, il y a bien sûr des points et des rythmes communs, mais aussi des différences, parfois complémentaires, ce qui donne à la relation une dynamique alchimique et créatrice, qui dépasse les individualités sans les dissoudre.
C’est un amour fondé sur le respect, le soutien et la responsabilité, sans sauvetage ni dépendance.
Quand cette forme d’amour, peut-être idéalisée, mais c’est une direction, est là, quelque chose se dépose en soi. Il n’y a plus besoin d’être autre chose que soi. L’épanouissement et la joie deviennent alors naturels.
Yotham
La souveraineté
Un autre mot (après la simplicité) revient souvent dans mon cheminement : La souveraineté.
Un mot qui parle, pour moi, de quelque chose de très simple : devenir pleinement adulte.
Être souverain, ce n’est pas se couper du monde ni refuser l’aide.
C’est, en ce qui me concerne et autant que possible, reprendre la responsabilité de soi et de ses actes.
J’observe combien nos systèmes ,santé, retraite, éducation, alimentation, assurances, etc, ont pris une place immense dans nos vies. Ils ont apporté des sécurités réelles, et je ne les nie pas. Mais j’ai aussi le sentiment qu’en contrepartie, ces systèmes, par nature, nous dépossèdes de savoirs essentiels, et d’une part de notre autonomie intérieure. Comme si, peu à peu, l’adulte avait été invité à redevenir enfant.
Un autre mot (après la simplicité) revient souvent dans mon cheminement : La souveraineté.
Un mot qui parle, pour moi, de quelque chose de très simple : devenir pleinement adulte.
Être souverain, ce n’est pas se couper du monde ni refuser l’aide.
C’est, en ce qui me concerne et autant que possible, reprendre la responsabilité de soi et de ses actes.
J’observe combien nos systèmes ,santé, retraite, éducation, alimentation, assurances, etc, ont pris une place immense dans nos vies. Ils ont apporté des sécurités réelles, et je ne les nie pas. Mais j’ai aussi le sentiment qu’en contrepartie, ces systèmes, par nature, nous dépossèdes de savoirs essentiels, et d’une part de notre autonomie intérieure. Comme si, peu à peu, l’adulte avait été invité à redevenir enfant.
Dans mon approche, la souveraineté commence par des gestes simples.
Apprendre à prendre soin de soi avant de déléguer systématiquement. Cultiver une connaissance de base du corps, des plantes, de l’alimentation qu'on peut résumer en un mot que j'aime bien : l'art d'être.
Oui, faire appel à la médecine quand c’est nécessaire, mais pas pour chaque déséquilibre mineur, pas par réflexe de dépendance.
C’est aussi le désir de penser à l'avenir autrement : imaginer sa propre retraite plutôt que la subir, transmettre aux enfants un cadre éducatif vivant et adaptable plutôt qu’un moule unique.
Être souverain ce n’est pas tout savoir ni tout faire seul.
C’est accepter de ne pas être hyper spécialisé dans un seul domaine, mais suffisamment compétent dans de nombreux domaines afin de limiter la dépendance.
C’est un chemin de responsabilité, de courage, de discernement et de maturité.
Vive la liberté intérieure et extérieure !
Belle journée à toutes et à tous : )
Yotham
La simplicité
Il y a deux ans, lorsque j’ai eu l'honneur de devenir gardien du lieu que j’habite aujourd’hui, une intention claire m’animait : revenir à plus de simplicité.
Ce désir est né d’une forme de saturation face à un monde que je perçois parfois comme éloigné de l’essentiel. La surexcitation urbaine, la consommation impulsive, le besoin de mouvement permanent peuvent être très stimulants, mais aussi profondément fatigants. Pour ma part, j’ai ressenti l’appel de l’inverse.
Il y a deux ans, lorsque j’ai eu l'honneur de devenir gardien du lieu que j’habite aujourd’hui, une intention claire m’animait : revenir à plus de simplicité.
Ce désir est né d’une forme de saturation face à un monde que je perçois parfois comme éloigné de l’essentiel. La surexcitation urbaine, la consommation impulsive, le besoin de mouvement permanent peuvent être très stimulants, mais aussi profondément fatigants. Pour ma part, j’ai ressenti l’appel de l’inverse.
Ici, à la ferme, beaucoup de choses sont volontairement simples. Les murs sont en terre et en chaux, des matériaux naturels, respirants, qui créent une atmosphère douce et vivante. Le chauffage se fait uniquement par des poêles à bois : peu de dépendance, un geste simple, une chaleur réelle, relationnelle.
Les lits sont en laine, la nourriture la plus fraîche possible, peu de stockage. Dans le yoga et l’ayurveda, on parle de vitalité, de qualité, du rayonnement de ce que l’on met dans son corps, mais cela concerne aussi l’habitat, le rythme, la manière de se soigner, de consommer, d’habiter le temps.
Ce sont des choix personnels, sans dogme, parmi tant d’autres possibles.
Si cela résonne, je serai heureux de partager ce lieu et cette expérience avec vous : )
Yotham
Ojas - Le Rayonnement
Tout a commencé par un système digestif qui se dérégulait trop souvent, et que je reliais, à juste titre, à des pratiques yogiques trop intenses et à un régime alimentaire que je croyais adapté à mon corps.
Une remise en question de toutes mes croyances est alors devenue indispensable.
J’ai commencé par regarder de près tout ce que j’introduis dans mon corps : nourriture, boissons, rythmes de vie. Et il m’est apparu que beaucoup de mes pratiques yogiques méritaient aussi d’être interrogées.
Je suis tombé de haut...
Tout a commencé par un système digestif qui se dérégulait trop souvent, et que je reliais, à juste titre, à des pratiques yogiques trop intenses et à un régime alimentaire que je croyais adapté à mon corps.
Une remise en question de toutes mes croyances est alors devenue indispensable.
J’ai commencé par regarder de près tout ce que j’introduis dans mon corps : nourriture, boissons, rythmes de vie. Et il m’est apparu que beaucoup de mes pratiques yogiques méritaient aussi d’être interrogées.
Je suis tombé de haut...
À la lumière de la sagesse de l’Ayurvéda, j’ai découvert à quel point je m’étais, sans le vouloir, malmené. J’ai donc transformé mon alimentation en l’adaptant très précisément à ma constitution (pitta–kapha, avec un vata qui a tendance à se dérégler).
Puis j’ai fait la même chose avec le yoga… et là, nouvelle surprise : certaines pratiques auxquelles je croyais tant, et que j’aimais profondément, se révélaient incompatibles avec mon terrain.
Tout ce qui attise le feu intérieur, et il y en a beaucoup dans le yoga moderne, ne faisait que me déséquilibrer encore et encore.
Ce qui est incroyable, c’est qu’en à peine deux semaines après les changements, un état de grâce s’est installé : une clarté mentale limpide, une joie simple, un sentiment de stabilité intérieure… comme si quelque chose de profond se remettait naturellement en place.
En Ayurveda, ce rayonnement porte un nom : Ojas. C’est une qualité naturelle, innée, mais souvent affaiblie par un mode de vie qui l’obscurcit.
Je n’ai aucune intention d’offenser qui que ce soit, ni enseignant, ni tradition.
Mais il me semble aujourd’hui essentiel de tirer une petite sonnette d’alarme :
Pour les constitutions dominantes pitta (feu) ou vata (air), des pratiques (faites intensivement)) comme nauli, agnisara, bhastrika, kapalabhati, les longues séries de salutations en rétention, les bains très froids ou l’exposition prolongée à la chaleur extrême et bien d'autres, ne font, selon mon expérience et mes recherches, qu’alimenter l’incendie plutôt que de construire le foyer...
Oui, ces pratiques peuvent procurer une sensation de bien-être. Mais je doute qu’elle soit durable ou adaptée à tous.
J’ai l’intime conviction qu’une petite partie seulement des constitutions y trouve un réel bénéfice profond.
Mon intention n’est ni de juger ni de prescrire.
Dans ces domaines, il n’y a pas de “bon” ou de “mauvais”, mais plutôt une invitation à une écoute fine de ce qui est juste pour soi.
Vive la voie du milieu.
Yotham
Délivrance, par Pierre Feuga
C’est après avoir enchaîné un séminaire de massage cachemoirien avec Bob Lanflure, un atelier de bhastrika non-stop avec Shrî Shrî Shrî Bilobânanda Swâmi, une rando chamanique avec Mijanou Raifort, ex-Claudette initiée par Jimmy Iboga, une sesshin sans boire dans le désert libyen avec Maître Raoul Takaraké, une retraite néo-Bôn de 3 jours 3 heures et 3 minutes avec Freddy Rimpoché, le kiné de la Queue-en-Brie..
C’est après avoir enchaîné un séminaire de massage cachemoirien avec Bob Lanflure, un atelier de bhastrika non-stop avec Shrî Shrî Shrî Bilobânanda Swâmi, une rando chamanique avec Mijanou Raifort, ex-Claudette initiée par Jimmy Iboga, une sesshin sans boire dans le désert libyen avec Maître Raoul Takaraké, une retraite néo-Bôn de 3 jours 3 heures et 3 minutes avec Freddy Rimpoché, le kiné de la Queue-en-Brie, une séance de rap soufi avec Momo, le derviche de la rue des Boulets, un stage de jeûne chrétien pour jeunes mariés avec le Père Kevin Burnes, un week-end solognot d’« uddiyâna-bandha et chasse à courre » avec Marc Titus de Saint-Breuil, un éveil accéléré des chakras (parrainé par Interflora) avec Pat Gooseberry, mieux connue sous le nom de Durga Dum Dum, et Porfirio Glaviotti, ancien garde du corps de Fabien Barthez, une cure d’« urinothérapie et longévité : réalité ou mythe ? », à Beaune, avec Max Gorgeon (disciple du regretté Pipilasparshananda, 1952-1996), et enfin peut-être (car l’ordre ultime m’échappe) une initiation au Tantra du pied gauche (lignée de la balançoire bleue) par Mâ Mahâyonî Devî, dite Chouchou d’Éveil, – qu’une lueur se fit jour en elle : ce qu’elle cherchait depuis si longtemps, y ayant sacrifié tant de temps, tant d’argent, tant de larmes, c’était, ce n’était qu’elle-même et personne ne peut devenir autre que ce qu’il est. D’abord des larmes encore (les dernières ?) lui montèrent aux yeux puis, faible aurore perçant la nuit, un sourire commença de frémir sur ses lèvres, enfin un rire immense, cruel, indéfini, mortel la submergea, l’emporta. Tant d’énergie à chercher ce qu’elle n’avait jamais perdu ! Tant de souffrances infligées à ses proches ! Tant d’illusions entassés et maintenant dispersées comme feuilles mortes au grand vent de sa joie ! De sa joie féroce et éternelle. Avec une tendresse de fauve elle déchira la dernière proposition de stage qu’elle avait reçue : une semaine avec un idiot déplumé dont les initiales PF disaient assez qu’il s’agissait d’un Pauvre Fou.
Pierre Feuga
Śirśāsana - la posture sur la tête
śirśāsana, c’est une histoire de rencontre entre la terre et le ciel. Une inversion du soleil et de la lune. La sarvāṅgāsana est la reine, śirśāsana est le roi.
Sur le plan énergétique c’est une posture puissante pour éveiller sahasrāra cakra et pour cela est considérée comme l'une de plus grandes postures du haṭha-yoga.
Elle installe un état méditatif instantané.
śirśāsana, c’est une histoire de rencontre entre la terre et le ciel. Une inversion du soleil et de la lune. La sarvāṅgāsana est la reine, śirśāsana est le roi.
Sur le plan énergétique c’est une posture puissante pour éveiller sahasrāra cakra et pour cela est considérée comme l'une de plus grandes postures du haṭha-yoga.
Elle installe un état méditatif instantané.
Cette posture dirige naturellement le sang vers le cerveau et la glande pinéale, revitalisant ainsi l’ensemble du corps. Elle renverse l'effet de la gravité sur la colonne vertébrale et permet une régénération des espaces intervertébraux mais aussi celle des organes interns.
Bonne pratique !
L'alimentation du Yogi (mitâhâra) par Koos Zondervan
Ce troisième article de la série, exposant les instructions sur le yoga données par Jean Klein, explique comment vous pouvez soutenir votre engagement dans la voie du yoga par une alimentation appropriée. Je vous conseille de vous imprégner de ces connaissances tout en les mettant en pratique avec souplesse. Cette souplesse était également présente dans les recommandations de Jean Klein. Par exemple je me souviens que Jean Klein, durant un séminaire en Allemagne, nous expliquait qu'il était sage de rester à l'écart des sucreries et pâtisseries tout en nous glissant que, de temps en temps, exceptionnellement, nous pouvions succomber à un « Apfelkuchen » (tarte aux pommes). Lorsqu'on suit l'approche de Jean Klein, selon ma propre expérience, la sensibilité rapidement se développe et le corps demandera de lui-même la nourriture qui lui convient. Se nourrir ainsi ne sera plus alors vécu comme une discipline imposée mais simplement comme un mode de vie permettant de se sentir bien. Jean Klein donnait les instructions suivantes :
Ce troisième article de la série, exposant les instructions sur le yoga données par Jean Klein, explique comment vous pouvez soutenir votre engagement dans la voie du yoga par une alimentation appropriée. Je vous conseille de vous imprégner de ces connaissances tout en les mettant en pratique avec souplesse. Cette souplesse était également présente dans les recommandations de Jean Klein. Par exemple je me souviens que Jean Klein, durant un séminaire en Allemagne, nous expliquait qu'il était sage de rester à l'écart des sucreries et pâtisseries tout en nous glissant que, de temps en temps, exceptionnellement, nous pouvions succomber à un « Apfelkuchen » (tarte aux pommes). Lorsqu'on suit l'approche de Jean Klein, selon ma propre expérience, la sensibilité rapidement se développe et le corps demandera de lui-même la nourriture qui lui convient. Se nourrir ainsi ne sera plus alors vécu comme une discipline imposée mais simplement comme un mode de vie permettant de se sentir bien. Jean Klein donnait les instructions suivantes :
1. L'alimentation humaine doit être basée sur des céréales complètes.
2. Les boissons et nourritures artificielles doivent être évitées.
3. L'association des aliments au cours d'un repas doit être telle que notre corps soit capable de bien les digérer ensemble.
1 Malheureusement dans notre société les céréales sont souvent « gâchées » (par exemple par l'ajout de sucre) ou affaiblies (par le raffinage). « Le pain blanc est typiquement une invention de l'ego. » (Jean Klein)
2 Exemples de nourriture artificielle : le sucre blanc, la farine blanche, le sel de cuisine, les produits contenant des additifs chimiques tels que certains conservateurs, colorants, exhausteurs de goût, ou des saveurs, parfums, édulcorants artificiels, etc. De même, certains modes de cuisson comme la cuisson au four, la friture, la grillade ou la fumaison peuvent transformer les aliments à tel point qu'ils seront alors considérés comme artificiels. Exemples :
- Le pain grillé : il faudrait gratter les parties trop cuites ou noircies, nocives.
- La nourriture revenue, frite ou cuite au four à l'huile végétale (par exemple l'huile de tournesol), se trouve alors imprégnée de corps gras saturés, nocifs.
- Durant le processus de fumaison comme par exemple du poisson, la nourriture est contaminée par des substances cancérigènes.
- Le café torréfié.
- Notre chocolat ordinaire est fait de cacao torréfié. Il contient du sucre et des graisses cuites, qui selon Jean Klein sont nuisibles pour le foie et la vésicule biliaire. Heureusement, de nos jours on trouve du chocolat cru qui ne produit pas ces effets désagréables.
- De même, les oléagineux (noix, amandes, noisettes, etc.) devraient être consommés crus et non grillés.
- Jean Klein considérait le thé noir ordinaire comme une boisson artificielle. Si je suis à l'écoute de mon corps lorsque je bois de ce thé, je suis effectivement en mesure de reconnaître qu'il contient des éléments que mon organisme n'apprécie pas. En revanche, si je bois du thé noir de type Pu-erh, il ne provoque pas cette réaction négative. Jean Klein conseillait de boire des tisanes au lieu de café et de thé noir. Il disait que, si nous l'apprécions, nous pouvons ajouter un peu de miel. Je considère les thés Pu-erh, vert et blanc comme des tisanes.
En accord avec la tradition du yoga, Jean Klein conseillait d’éviter les boissons alcoolisées. Si vous souhaitez tout de même boire occasionnellement une boisson alcoolisée, il est conseillé de boire du vin rouge biologique et sans sulfites ajoutés.
3 Lorsque dans les débuts je demandais à Jean Klein de me conseiller un régime qui pourrait convenir à la pratique du prânâyâma avec kumbhaka, il me conseilla le suivant :
- Au petit-déjeuner : yoghourt et fruits.
- Au déjeuner : salade de légumes crus, suivie de féculents avec des légumes cuits à l'eau ou vapeur, par exemple du riz complet ou des pâtes de farine complète accompagnés de légumes, ou une potée de pommes de terres et de légumes.
- Au dîner : salade de légumes crus, suivie de protéines accompagnées de légumes cuits. Exemples de protéines :
œufs, fromage (de préférence une certaine sorte de fromage blanc : ce sera expliqué plus tard), poisson.
Il me conseilla d'ajouter un peu de sel marin non raffiné à la nourriture cuite. Bien sûr, on peut aussi ajouter des fines herbes ou des épices comme du curry, du gingembre, etc.
Si nous analysons ce régime spécial prânâyâma, nous pouvons constater qu'il obéit à toutes les règles du régime dissocié promulgué par Herbert Shelton, un médecin américain connu pour sa connaissance des associations alimentaires (voir bibliographie).
Instructions concernant les associations alimentaires
1. L'association de féculents et de protéines est difficile à digérer pour notre corps. De ce fait il vaut mieux éviter de manger des féculents (céréales, pommes de terre) et des protéines (œufs, poisson, fromage, oléagineux) au même repas.
2. Les sucres (sucre, miel, fruits sucrés, etc.) s'associent mal avec les féculents, de même qu'avec les protéines. C'est pourquoi Herbert Shelton conseillait de « déserter les desserts ».
Les fruits contiennent de nombreux éléments qui sont bons pour la santé, mais puisque la plupart d'entre eux sont incompatibles aussi bien avec les féculents qu'avec les protéines, Herbert Shelton conseillait de manger les fruits au petit-déjeuner. Dans la tradition du yoga, les produits laitiers fermentés (spécialement les yoghourts et le fromage blanc) sont hautement estimés. Pour cette raison et parce que la plupart des gens digèrent bien l'association de yoghourt et de fruits, le régime spécial prânâyâma propose cette association pour le petit-déjeuner. Quelques fruits qui offrent plus de possibilités d'associations :
les tomates ne contiennent presque pas de sucre. C'est pourquoi, si vous le souhaitez, vous pouvez ajouter des tomates à votre salade de légumes crus. De même, l'association de fromage et de tomates est acceptable.
Les avocats ne contiennent pour ainsi dire pas de sucre ni d'acides et de ce fait s'associent bien avec les céréales (par exemple du pain) et des pommes de terre.
Les oléagineux s'associent bien avec les fruits acides. (bibliographie 1)
Après cette information importante à propos de la bonne association des aliments, nous allons en détailler les principales catégories :
Les fruits
Les fruits peuvent être classifiés ainsi :
Les fruits sucrés : bananes, raisins, dattes, figues, kakis.
Les fruits semi-acides : pommes, poires, abricots, pêches, nectarines, prunes, cerises, myrtilles, mangues.
Les fruits acides : oranges, mandarines, citrons, pamplemousses, kiwis, ananas, de nombreuses sortes de baies comme les framboises, fraises, mûres, fruits de la passion, litchis, etc.
D'après Jean Klein, les fruits semi-acides sont les mieux adaptés aux humains, tout particulièrement les pommes et les abricots. Même si les fruits secs ne sont pas aussi bons pour la santé que les fruits frais, nous pouvons en manger sans problème (attention toutefois qu'ils n'aient pas été sulfatés). La plupart des fruits secs doivent être mis à tremper dans l'eau pendant quelques heures avant d'être consommés. Jean Klein conseillait de manger seulement des quantités modérées de fruits acides. Il nous disait aussi que les bananes ne conviennent que si elles sont mûres (avec des taches noires sur la peau).
Les légumes
Dans le régime spécial prânâyâma, le déjeuner et le dîner commencent par une salade de légumes crus. Jean Klein nous disait que cela avait un effet bénéfique sur la digestion et sur la santé en général. Il m'avait conseillé d'utiliser un peu de jus de citron pour la sauce à salade (au lieu de vinaigre). Un aspect intéressant du jus de citron est que sa teneur importante en vitamine C permet à l'organisme de mieux absorber certains minéraux contenus dans les légumes comme le fer, par exemple. La plupart du temps, je fais ma sauce à salade avec un peu de jus de citron, du shoyu ou du tamari et de l'huile d'olive pressée à froid.
Jean Klein disait que lorsque nous cuisons des plantes à bulbe (comme l'oignon), à tubercule (comme le céleri-rave) ou à feuilles (comme l'endive), elles libèrent après quelques minutes dans l'eau bouillante certains composants qui, si nous en consommons trop, ont un effet néfaste sur la souplesse de nos muscles et articulations. Pour cette raison il nous conseillait de jeter cette première eau après quelques bouillons et de poursuivre la cuisson avec une nouvelle eau ou à la vapeur. Personnellement je préfère cuire ensuite les légumes à l'étouffée dans une petite quantité d'eau avec un peu de ghee (beurre clarifié) et des herbes ou des épices.
Les légumes secs, qui doivent être mis à tremper pendant quelques heures avant cuisson, contiennent beaucoup de féculents ainsi que des protéines. Pour cette raison ils sont difficiles à digérer. Si vous les digérez mal, il vaut mieux ne pas en manger, ou alors sous la forme adoucie d'une soupe de lentilles. Moi-même je mange de temps en temps des légumineuses en association avec des légumes cuits à l'étouffée (après une salade de légumes crus).
Jean Klein conseillait de manger l'ail seulement cru, en très petite quantité. Lorsqu'il est cuit, l'ail est difficile à digérer. Avec l'oignon, c'est juste l'inverse. Lors d'une conversation privée, Jean Klein me précisa même que l'oignon cru se classe dans la catégorie des nourritures « tamasiques ». Toutefois, les oignons ainsi que les poireaux cuits sont excellents pour la santé.
Les protéines
Vous avez peut-être remarqué que dans le régime spécial prânâyâma les oléagineux ne figurent pas dans la liste des protéines. La raison en est que les oléagineux sont plutôt difficiles à digérer. Toutefois, les oléagineux tels que les noix et les amandes sont très bons pour la santé et vous pouvez, si vous le souhaitez, en ajouter à votre salade de légumes crus lorsque vous mangez des protéines. Il m'arrive maintenant de prendre le soir une petite collation d'agrumes avec quelques oléagineux.
Nous allons maintenant regarder de plus près cette question du fromage blanc. Le fromage blanc est plus doux que le fromage ordinaire. La différence lors de la fabrication est la suivante : après avoir ajouté au lait de la présure et différentes formes de lactobacilles, lors de la procédure standard, le lait fermenté est assez rapidement rincé et les sucres du lait de même que la plupart des lactobacilles sont ainsi éliminés. Lors de la fabrication de la meilleure sorte de fromage blanc, le lait fermenté n'est pas rincé et les différentes formes de lactobacilles agissent pendant plusieurs heures. Un produit complètement différent en résulte. Il y a quelques dizaines d'années, les professeurs de la Fédération néerlandaise de Yoga invitèrent le Docteur Chandra de Londres à donner des conférences lors du Congrès annuel à Elspeet. Au cours d'une de ses conférences, il expliqua que cette sorte de fromage blanc est bien meilleure pour la santé et plus digeste que le fromage habituel. Je me souviens d'un détail, à savoir que par l'action prolongée des différentes formes de lactobacilles, la longueur des molécules de graisse était considérablement réduite.
Lorsqu'il me donna ses instructions pour un régime spécial prânâyâma, Jean Klein me dit que, si je le souhaitais, je pouvais manger du poisson lors de mes repas de protéines. En ce temps-là j'étais strictement végétarien mais, comme je le décrirai à la fin de cet article, cette instruction devint très importante pour moi environ vingt ans plus tard.
En accord avec la tradition du yoga, Jean Klein nous disait que la consommation de viande était néfaste, spécialement la consommation de porc.
Si vous choisissez de manger un repas avec des œufs, le fait de les cuire à la coque (avec le blanc pris et le jaune encore liquide) est excellent pour la santé.
Quelques effets positifs d'une nourriture appropriée
Lorsque nous mangeons de façon appropriée, nous devenons satviques, légers, réceptifs, dans une disponibilité complète. (Jean Klein, bibliographie 2)
Le livre « Anticancer » (David Servan-Schreiber, bibliographie 3) confirme clairement que, si vous suivez les conseils de Jean Klein au sujet de l'alimentation, vous créez des conditions anticancer dans votre organisme. Les produits mentionnés dans ce livre sont, pour leurs importants effets anticancer, à part les fruits et les légumes, le thé vert, le curry (son principal ingrédient est le curcuma, qui doit être associé au poivre noir pour être assimilé) et le cacao. Le livre « The Food Hourglass » (bibliographie 4) explique les aspects positifs du cacao. Il montre que le chocolat cru est un puissant aliment anticancer.
Le fait de suivre les règles concernant les bonnes associations alimentaires n'apporte pas seulement une meilleure digestion, mais évite également les effets négatifs résultant des mauvaise associations : « Les mauvaises associations alimentaires nécessitent un énorme supplément d'énergie pour être digérées. Cette énergie est retirée d'autres sources d 'énergie dans notre organisme. Nous pouvons nous sentir mentalement ou physiquement léthargiques ou au contraire surexcités, déprimés ou nerveux. Nous pouvons rire, parler, agir ou penser de façon impulsive. Il peut y avoir de l'inconfort physique. » (Jean Klein, bibliographie 2)
Il y a longtemps, j'ai eu deux angines dans un court laps de temps. Notre médecin me prescrivit d'abord des antibiotiques et, la seconde fois, me conseilla de me faire opérer des amygdales. Heureusement, je découvris à ce moment-là le livre du Dr Shelton (bibliographie 2) et commençai à suivre ses instructions sur les combinaisons alimentaires. Ce qui eût comme résultat la rapide guérison de mes amygdales, et m'évita l'opération.
En résumé, nous pouvons conclure que le fait de se nourrir selon les bonnes combinaisons alimentaires va nous prémunir de nombreux désagréments physiques et psychiques.
La nourriture devrait être produite selon les lois cosmiques qui soutiennent l'harmonie (ritam)
Nous vivons dans un monde où tout est relié. Un sage agit de façon à ne pas déranger les lois de l’harmonie. Il agit en accord avec les lois cosmiques qui soutiennent l'harmonie (ritam). Quelques aspects de ritam concernant la production de la nourriture :
1. Elle ne doit pas nuire à l'humain, ce qui veut dire que personne ne doit être exploité lors du processus de production.
2. Elle ne doit pas nuire à l'animal. Par exemple, un producteur d’œufs devrait offrir à ses poules des conditions de vie qui leur permettent de se sentir bien. Il devrait leur donner une nourriture saine et non traitée. Jean Klein estimait que, de même que pour les humains, l'alimentation des volailles devrait être basée sur des céréales complètes.
3. Elle ne doit pas nuire à l'environnement. Les plants et les arbres devraient être produits selon les règles de l'agriculture biologique, sans produits chimiques qui empoisonnent l'environnement et souvent aussi les plants et les arbres.
Quelle est la nourriture appropriée pour moi ?
Même si les principaux aspects d'une alimentation saine ont été abordés, je peux imaginer qu'on puisse se poser cette question. L'alimentation idéale pour chacun dépend de nombreux facteurs tels que la constitution, la manière de vivre et aussi l'âge. Jean Klein, en authentique siddha, était clairvoyant à tous les niveaux et ses élèves avaient la chance de pouvoir bénéficier de conseils individualisés. Environ 15 ou 20 ans après qu'il m'eût donné le régime prânâyâma, Jean Klein me conseilla de remplacer le yoghourt et les fruits de mon petit-déjeuner par des céréales complètes. Lorsque je lui demandai pourquoi ce changement était nécessaire, il me répondit que le fonctionnement de mon corps avait changé. Dans mon précédent article au sujet des postures de yoga, l'écoute du corps était prépondérante. En ce qui concerne l'alimentation, l'écoute du corps est également le meilleur moyen pour déterminer ce qui nous convient. Un indicateur important est l'état de la muqueuse nasale au moment du réveil. Si le nez est bouché, il est souvent facile de trouver quel aliment consommé la veille en est la cause.
L'intelligence du corps
Jean Klein nous avait dit une fois que l'approche du yoga telle qu'il nous l'enseignait éveillait l'intelligence corporelle. Il y a quinze ans, je fus atteint d'une maladie intestinale, des colites ulcéreuses. Le diagnostic fut établi par un spécialiste de la ville de Groningen. Il me dit que cette maladie était incurable et que j'aurai à prendre des médicaments jusqu'à la fin de mes jours afin d'en supprimer les symptômes. Je me sentais défait et me mis à méditer sur la situation en laissant de côté mon intellect, puisqu'il n'avait pas été capable de trouver une solution. Pendant ma méditation surgirent soudain très clairement des souvenirs vieux de 40 ans me rappelant à quel point, enfant, j'aimais le maquereau. Je pris cela comme un message de mon intelligence corporelle et décidai de cesser mon style de vie strictement végétarien pour m'autoriser à manger de nouveau des poissons gras tels que le maquereau. Peu de temps après cette décision, l'une de mes élèves de yoga m'apporta un article de Bertine Geerling avec pour titre « Alimentation et maladies intestinales inflammatoires » (en hollandais). Cet article disait que les acides gras de type omega 3 contenus dans les poissons gras sont parfois un bon médicament pour les personnes souffrant de colites ulcéreuses. Dans mon cas cela s'avérait exact. Après avoir mangé deux maquereaux par semaine pendant trois semaines (bien sûr accompagnés de légumes), tous les symptômes disparurent complètement. Lorsque peu de temps après ma guérison je dus me rendre à l'hôpital pour y chercher mes médicaments, je pus dire : « Gardez-les, parce que je n'en ai plus besoin ». La maladie n'est jamais revenue.
Koos ZondervanBibliographie
Les combinaisons alimentaires et votre santé, Herbert M. Shelton, Éditions Le Courrier duLivre, 2008
The book of listening, Jean Klein, Non-Duality Press, 2008
Anticancer, David Servan-Schreiber, Éditions Pocket/Robert Laffont, 2007
The Food Hourglass, Kris Verburgh, Harpercollins Publishers, 2014 (traduction Barbara Litzler-Hausheer)
La Salutation au Soleil - Sūrya namaskāraḥ
Sūrya namaskāraḥ, la salutation au Soleil ne fait pas partie du yoga traditionnel. Elle a été ajoutée à la pratique classique du yoga tardivement. Néanmoins cette salutation représente un moyen efficace pour s’échauffer et renforcer les systèmes musculaire et cardio-vasculaire. Le meilleur moment de la journée pour pratiquer la salutation au soleil est au soleil levant ou au soleil couchant. Elle peut aussi se pratiquer à d'autres moments de la journée sauf tard dans la soirée. La variante proposée dans cette vidéo est simplifiée et semble être adaptée aux débutants. D'autres variantes existent et nous allons les présenter sur cette chaîne. Bonne Pratique !
Sūrya namaskāraḥ, la salutation au Soleil ne fait pas partie du yoga traditionnel. Elle a été ajoutée à la pratique classique du yoga tardivement. Néanmoins cette salutation représente un moyen efficace pour s’échauffer et renforcer les systèmes musculaire et cardio-vasculaire. Le meilleur moment de la journée pour pratiquer la salutation au soleil est au soleil levant ou au soleil couchant. Elle peut aussi se pratiquer à d'autres moments de la journée sauf tard dans la soirée. La variante proposée dans cette vidéo est simplifiée et semble être adaptée aux débutants. D'autres variantes existent et nous allons les présenter sur cette chaîne. Bonne Pratique !
Les 24 sūrya-mantra
1. Oṃ Hrāṃ mitrāya namaḥ salut à l’Ami
2. Oṃ Hrīṃ ravaye namaḥ salut à l’Astre solaire
3. Oṃ Hrūṃ sūryāya namaḥ salut au Créateur
4. Oṃ Hraïṃ bhānave namaḥ salut au Resplendissant
5. Oṃ Hrauṃ khagāya namaḥ salut à Celui qui parcourt le ciel
6. Oṃ Hraḥ pūṣṇe namaḥ salut à Celui qui fait prospérer
7. Oṃ Hrāṃ hiraṇyagarbhāya namaḥ salut à Celui qui a un corps d’or
8. Oṃ Hrīṃ marīcaye namaḥ salut au Radieux
9. Oṃ Hrūṃ ādityāya namaḥ salut au fils d’Aditi (infini)
10. Oṃ Hraïṃ savitre namaḥ salut au Stimulateur
11. Oṃ Hrauṃ arkāya namaḥ salut au Rayonnant
12. Oṃ Hraḥ bhāskarāya namaḥ salut à Celui qui illumine
13. Oṃ Hrāṃ hrīṃ mitrā-ravi-bhyāṃ namaḥ
14. Oṃ Hrūṃ hraïṃ sūryā-bhānu-bhyāṃ namaḥ
15. Oṃ Hrauṃ hraḥ khagā-pūṣa-bhyāṃ namaḥ
16. Oṃ Hrāṃ hrīṃ hiraṇyagarbha-marīci-bhyāṃ namaḥ
17. Oṃ Hrūṃ hraïṃ āditya-savitṛ-bhyāṃ namaḥ
18. Oṃ Hrauṃ hraḥ arka-bhāskara-bhyāṃ namaḥ
19. Oṃ Hrāṃ hrīṃ hrūṃ hraïṃ mitra-ravi-sūryā-bhānu-bhyo namaḥ
20. Oṃ Hrauṃ hraḥ hrāṃ hrīṃ khaga-pūṣa-hiraṇyagarbha-marīci-bhyo namaḥ
21. Oṃ Hrūṃ hraïṃ hrauṃ hraḥ āditya-savitṛ-arka-bhāskare-bhyo namaḥ
22. Oṃ Hrāṃ hrīṃ hrūṃ hraïṃ hrauṃ hraḥ mitra-ravi-sūrya-bhānu-khaga-pūṣe-bhyo namaḥ
23. Oṃ Hrāṃ hrīṃ hrūṃ hraïṃ hrauṃ hraḥ hiraṇyagarbha-marīcy-āditya-savitṛ-arka-bhāskare-bhyo namaḥ
24. Oṃ Hrāṃ hrīṃ hrūṃ hraïṃ hrauṃ hraḥ Oṃ hrāṃ hrīṃ hrūṃ hraïṃ hrauṃ hraḥ mitra-ravi-sūrya-bhānu-khaga-pūṣa-hiraṇyagarbha-marīcy-āditya-savitṛ-arka-bhāskare-bhyo namaḥ
Oṃ śrī savitṛ-sūrya-nārāyaṇa para-brahmaṇe namaḥ
caturviṃśati-namaskārān samarpayāmi
Hommage à śrī savitṛ sūrya nārāyaṇa, le suprême Brahman
A lui j’offre ces 24 salutations
Des yogis et des hommes par Pierre Feuga
Il y en a qui yamaniyamisent du matin au soir et il y en a qui se fichent des yama-niyama.
Il y en a qui occupent une heure de yoga avec trois postures et il y en a qui enchaînent soixante postures à la demi-heure.
Il y en a qui inspirent de bas en haut et il y en a qui inspirent de haut en bas.
Il y en a qui se dopent au kapâlabhâti et il y en a qui, au bout de cinq respirations, prennent un air de héros fatigué…
Il y en a qui yamaniyamisent du matin au soir et il y en a qui se fichent des yama-niyama.
Il y en a qui occupent une heure de yoga avec trois postures et il y en a qui enchaînent soixante postures à la demi-heure.
Il y en a qui inspirent de bas en haut et il y en a qui inspirent de haut en bas.
Il y en a qui se dopent au kapâlabhâti et il y en a qui, au bout de cinq respirations, prennent un air de héros fatigué.
Il y en a qui méditent à l’aube, d’autres le soir, certains tournés vers l’est, certains tournés vers eux-mêmes, et d’autres qui ne méditent pas du tout, et d’autres qui croient méditer.
Il y en a qui s’ennuient en méditant et il y en a qui ne savent pas qu’ils s’ennuient en méditant.
Il y en a qui beuglent des mantras, d’autres qui bricolent dans le tantra, d’autres qui dessinent des yantras, et d’autres qui confondent mantras, tantra et yantras.
Il y en a qui savent le sanskrit, d’autres qui font croire qu’ils savent le sanskrit et d’autres qui s’imaginent qu’en Inde tout le monde parle sanskrit.
Il y en a qui sont allés en Inde, je veux dire dans un ashram en Inde, et d’autres qui ont peur d’aller en Inde, des fois que l’Inde ne ressemble pas à l’Inde.
Il y a des gouroulogues, des gourouphones, des gourouphiles, des gouroulâtres, des gouroulacariâtres, des gouroumaniaques, des gourouphobes, des gouroupathes, des gouroucides, des gourouphages, et il y aurait même encore quelques gourous.
Il y en a qui ont lu les Yoga-sûtra et qui regardent de haut ceux qui n’ont pas lu les Yoga-sûtra. Il y en a qui font semblant d’avoir lu les Yoga-sûtra, d’autres qui en ont lu un résumé. Et il y en a qui les confondent avec les Kâma-sûtra.
Il y en a qui sont pour les écoles — écoles du nord, écoles du Sud, écoles du Nord-ouest, du Sud-sud-ouest, Cachemire du XIIe siècle, Bihar du XIVe, tantrisme sikh, jaïnisme de la Main gauche… — et d’autres qui sont contre les écoles (à bas les systèmes, vive la spontanéité !) et d’autres qui disent que toutes les écoles se valent, tout est dans tout n’est-ce pas, et ceux qui changent d’école tous les deux ans et ceux qui ne supportent pas qu’on change d’école.
Il y en a qui ont six chakras, dont trois ouverts, et d’autres sept, quatorze ou soixante-quatre, et tous ouverts, ou bien alternativement, et puis qui peuvent ouvrir les chakras fermés des autres, ou bien fermer leurs chakras ouverts, attention pas de fausse manœuvre. Et puis il y a les malheureux qui n’ont jamais senti en eux le moindre chakra et n’osent pas l’avouer, sauf quand ils font un rebirth.
Il y a ceux qui combinent yoga et rebirth, yoga et psychanalyse, yoga et karaté, yoga et poterie, yoga et chasse à courre.
Il y a ceux qui ne cuisinent qu’au ghee, qui mastiquent cent huit fois leurs graines hypercomplètes ou bien qui les avalent le plus vite possible, bon débarras, il y en a qui jeûnent et qui le font savoir, qui se purifient et vous le font sentir, qui craignent plus que tout de se réincarner en cochons. Et puis ceux qui mangent des côtes de bœuf en cachette et s’envoient un coup de rouge en se demandant avec une angoisse délicieuse si cela alourdira leur karma.
C’est que oui-da il y a des obsédés du karma comme il y a des fanas du mûla-bandha, des fondus de l’uddiyâna, des frappés de jâlandhara, des forcenés de la bhastrikâ, de vieux babas enragés de mudrâs, flottant dans le samsâra et dans l’odeur du gañja.
Comme il y a des yoginîs fumeuses de bidis, frétilleuses de la kundalinî, expertes en nauli, friandes de samâdhi, goûteuses d’amaroli, virtuoses en sahajolî, qui se font appeler Shakti lorsqu’elles s’unissent à leur Shiva, le samedi soir après le yoga, pour faire maithuna, yab-yum et youp-la-la.
(Mais il y en a tant d’autres qui voudraient bien savoir à la fin ce que c’est que maithuna, et cela les énerve.)
Oui, et ainsi va le samsarâ, et vive Mâyâ qui n’existe pas, si l’on en croit Gaudapâda, il y a des hommes qui se prennent pour des yogis, il y a des femmes qui se prennent pour des yoginîs, il y a des souris et des hommes, des souris et des yogis, et puis,
Shiva-Pârvatî soient loués, il y a des hommes et des femmes qui ne se prennent pour rien, et que le yoga prend dans ses bras et porte doucement, tendrement, et emporte, vers là-bas, qui déjà est ici, et c’est si beau alors et c’est si simple, le yoga."
Pierre Feuga
Dormir dans les postures ? par Pierre Feuga
« Tout professeur de yoga a été ou sera un jour confronté à cette situation: un élève s'endort pendant le cours (il arrive, mais plus rarement, que ce soit le professeur qui s'endorme). Cet incident - qui est surtout gênant quand il s'accompagne de ronflements - se produit d'ordinaire pendant la relaxation finale ou pendant les brèves détentes qui entrecoupent les exercices..”
« Tout professeur de yoga a été ou sera un jour confronté à cette situation: un élève s'endort pendant le cours (il arrive, mais plus rarement, que ce soit le professeur qui s'endorme). Cet incident - qui est surtout gênant quand il s'accompagne de ronflements - se produit d'ordinaire pendant la relaxation finale ou pendant les brèves détentes qui entrecoupent les exercices, sans parler du fameux yoga-nidra que certains mettent à profit pour piquer un petit somme (ce qu'ils nient ensuite farouchement lorsqu'on les réveille). Quand on s'essaie à la concentration ou à la méditation assise, il advient aussi que plus d'un dos se tasse, qu'une tête s'incline ou qu'un brusque sursaut du soi-disant méditant nous révèle que ce dernier vient de sortir d'un état plutôt infra-conscient que supra-conscient.
On considère en général tous ces phénomènes d'une manière assez critique et négative, comme des preuves évidentes que l'élève est sous l'emprise de tamas(l'inertie, la torpeur) alors qu'on ne peut avancer dans le yoga, tout le monde vous le dira, que par la lucidité, la pleine conscience, la maîtrise de soi. Pourtant il est des cas, nous semble-t-il, peu fréquents mais dignes d'être mentionnés où l'endormissement dans une posture est la marque, non pas d'un défaut d'attention, mais tout au contraire d'une très grande intériorisation et devient la voie paradoxale vers un progrès.
J'ai ici le souvenir d'une jeune femme qui s'endormit ainsi - on serait presque tenté d'écrire qui "plongea", qui "s'abîma" - dans un âsana et s'en réveilla différente. Il s'agissait d'une torsion couchée que je décrirai brièvement: au départ, les bras en croix, on pose le pied droit sur le genou gauche (ou l'inversequand on prépare la torsion de l'autre côté), puis on se laisse rouler sur le côté gauche jusqu'à ce que le genou droit touche le sol; ensuite, en laissant ce même genou au sol (au besoin on le maintient avec la main gauche), on ouvre largement le bras droit vers la droite (la tête tournant dans le même mouvement). Dans les cas les plus défavorables, le bras droit reste alors suspendu à une certaine distance du sol. Assez nombreuses cependant sont les personnes dont la main, voire le poignet ou l'avant-bras, vient reposer (tandis que, rappelons-le, le genou droit reste collé au tapis de l'autre côté). Et tout à fait rares ceux ou celles dont l'épaule droite adhère au sol. Cela en tout cas n'était jamais arrivé à la pratiquante dont je parle, même après des années d'entraînement. Or un jour, par l'effet d'une extrême détente, un travail guidé très spécifique sur le souffle et l'espace, il arriva, comme j'ai dit, qu'elle glissa dans le sommeil. Lorsqu'elle reprit conscience, quelques minutes plus tard, elle s'aperçut que, pour la première fois, son épaule droite reposait, naturellement et sans réaction douloureuse, au sol, alors que son genou droit n'avait pas quitté ce dernier (ce qui montre qu'une "rigueur" intérieure était restée présente dans le sommeil). Sensation toute nouvelle dont elle fut à la fois surprise et heureuse. Mais le plus intéressant est le profit qu'elle en tira. Car, ayant goûté une fois, par un passage dans l'inconscient, cette sensation, elle devint désormais capable, à l'état conscient et éveillé, de la retrouver, de la reproduire, sinon immédiatement dès qu'elle avait pris la posture, du moins assez vite. Autrement dit, son corps connaît désormais, expérimentalement, le "but" à atteindre, sait qu'il est à sa portée et donc se laisse en quelque sorte couler vers lui en suivant la pente de moindre résistance. Le corps physique (ou "grossier" comme disent les Hindous) a enregistré le message, mémorisé l'aventure du corps subtil et suit maintenant docilement ses traces.
Nous venons d'employer l'expression "corps subtil". Selon la doctrine commune au yoga, au vedânta et à bien d'autres écoles, on sait que dans l'état de rêve - ou même à un moindre degré dans des états intermédiaires entre veille et rêve - notre conscience est transférée dans l'état subtil (taijasa) essentiellement caractérisé par la lumière et la chaleur. C'est dans le corps subtil que se situent les nâdîs, les chakras, les vâyus ou prânas, etc., tous ces "flux", "roues" et "vents" qui constituent notre réalité (notre "enveloppe") énergétique et ce corps possède une sorte d'"antériorité" et de "supériorité" par rapport au corps grossier fait de muscles, d'os, de nerfs, etc. Tous ce qui est réalisé dans ce corps "prânique" - en positif ou en négatif - est une acquisition permanente pour l'individu, ce qui n'implique pas que l'expérience vécue subtilement doive ensuite toujours être réalisée matériellement. Ainsi nous pouvons rêver que nous accomplissons tel ou tel âsana extrêmement difficile, que nous serions bien incapables d'effectuer à l'état éveillé. Pourtant, au moment de notre rêve, nous obtenons la sensation exacte de cet âsana, nous en goûtons la "saveur" véritable. Ces expériences - lorsqu'elles sont intenses et atteignent un certain "taux vibratoire" - ont une valeur quasi initiatique. L'état de conscience lié à la posture - car toute posture contient, au-delà de sa forme, un état de conscience - fait désormais partie de nous, nous l'avons intégré à notre être et peu importe qu'ensuite il trouve une correspondance corporelle dans notre vie. Une analogie, qui paraîtra peut-être étrange à certains, nous est fournie par les arts martiaux chinois dits "internes" (basés, non sur la force extérieure, mais sur le développement du qi, de l'énergie profonde): on dit ainsi que l'adversaire est vaincu avant d'être touché ou que deux maîtres n'ont pas besoin d'engager le combat ni même de croiser le regard pour savoir lequel, en cas de combat physique (devenu vain), dominerait l'autre: ils se devinent, se "pressentent" à distance. Ou encore, en alchimie, on dit que seuls les médiocres, les tâcherons (le "souffleurs") se donnent de la peine pour fabriquer de l'or. Les vrais adeptes, ceux qui ont réalisé l'Or en eux-mêmes, ne perdent pas leur temps à ces enfantillages.
Le hatha-yoga, tel qu'on l'enseigne habituellement, méconnaît ces extraordinaires possibilités du corps subtil. Certes, dans les manuels ou dans les cours, on nous parle volontiers de nâdîs, de chakras, etc., mais on a souvent l'impression qu'il s'agit d'une superstructure, d'une décoration artificielle, de notions plaquées, un peu académiques et rarement vécues de l'intérieur. On prend d'abord la posture, en se référant à telle ou telle technique selon l'école à laquelle on appartient, et ensuite, éventuellement, on travaille sur les chakras, on se concentre sur un "lotus" ou sur un autre, on transfère, on bricole... Peu de pratiquants explorent la démarche inverse: c'est-à-dire réaliser d'abord la posture subtilement (ce qui présuppose un changement d'état de conscience) et, seulement ensuite, lorsqu'on l'a totalement fait mûrir, lorsqu'on en a extrait l'essence, la réaliser dans et avec son corps physique. Il s'agit pourtant, non d'une fantaisie moderne, mais d'une tradition authentique, même si elle reste très peu divulguée. A ma connaissance, Jean Klein, qui a joué à nous quitter l'année dernière, fut le seul Occidental à avoir enseigné - et encore dans le privé, à des élèves choisis - cette forme de yoga qu'il avait reçue directement en Inde et qui remonte à l'ancien tantrisme shivaïte du Cachemire.
Le corps, selon cet enseignement, n'est rien d'autre qu'un "objet", une notion que nous avons un jour adoptée et à laquelle nous nous tenons pendant toute notre vie sans jamais la remettre en question. La notion que nous avons de ce corps est solide, pesante, réduite, limitée, c'est une sorte de contraction, une défense contre l'environnement. Or il ne tient qu'à nous de changer cette notion, d'opter pour des perceptions beaucoup plus fines, d'aller vers la sensation d'un corps fluide, léger, lumineux, en expansion, capable de s'insérer dans n'importe quel espace, de se fondre dans l'environnement au lieu de s'y opposer. Pour cela on emploie dans le tantrisme du Cachemire une faculté appelée bhâvanâ, qu'il est impossible de traduire d'un seul mot, car elle est à la fois imagination créatrice, sensibilité plastique, pouvoir d'évocation. Par cette faculté habilement guidée et développée, il s'avère possible d'abolir la frontière habituelle entre "extérieur" et "intérieur". On apprend à explorer et à incorporer l'espace, à sentir en soi ce qu'habituellement on perçoit hors de soi. La "vacuité" (shûnyatâ), concept commun aux shivaïtes du Cachemire et aux bouddhistes mahâyânistes, se révèle une réalité "tangible", une expérience vécue, de façon graduelle ou foudroyante, dans une partie précise du corps ou bien dans le corps tout entier. Le hatha-yoga classique - celui des Nâths, bien que peu de personnes le pratiquent encore aujourd'hui sous cette forme radicale - repose avant tout sur la volonté, l'effort, la "tenue", la "tension vers". Le yoga dont nous parlons n'a pas la même approche disciplinaire et violente et, s'il connaît toutes les techniques essentielles du hatha-yoga (âsanas, prânâyâmas, bandhas, mûdras), il les situe dans une autre perspective, les anime d'un esprit beaucoup plus souple, libre et ouvert. Il constate en effet que souvent l'effort, loin de volatiliser l'ego, le renforce. Le schéma de l'ascète s'élevant palier par palier vers une "perfection" idéale (appelée pompeusement "Libération" alors qu'il ne s'agit que d'une projection du mental), ce schéma, avec tous les "renoncements" qu'il implique, lui paraît assez naïf, car pour lui tout est déjà là, il n'y a rien à ajouter, rien à soustraire, il suffit de s'ouvrir à la Merveille éternelle.
Il ne nous est pas possible, dans le cadre de cet article, de développer tous les aspects très riches de cet enseignement. Que l'on sache cependant qu'il ne s'agit en rien d'un "système" qui voudrait se substituer à d'autres systèmes existants. Par exemple, dans ce yoga, on utilise beaucoup les images, les évocations sensorielles de toutes sortes (sonores, lumineuses, tactiles, sapides, olfactives). Mais l'enseignant qui les emploie doit être apte à les renouveler assez souvent, afin d'éviter toute habitude, tout conditionnement nouveau à son élève, tout "encroûtement", puisque le maître mot de cette tradition, avec celui de "vacuité", est celui de "liberté" - non pas une "libération" négative hors du samsâra mais une liberté active au sein de ce dernier. Et il doit éviter que le travail imaginatif ne tourne à l'intellectualisme. En fait, d'après notre expérience, ce ne sont pas les personnes les plus intellectuelles qui progressent le mieux dans cette voie (cette "non-voie", selon l'expression sanskrite: anupâya) mais celles qui sont "en alerte", qui ont un esprit de découverte et une relation intime, juste avec leur corps d'énergie. Entre ceux qui ne conçoivent le yoga que comme un "faire" (et généralement si l'on ne fait pas comme eux l'on n'y connaît rien) et ceux qui croient qu'il suffit de nommer les choses pour les vivre, il existe une place, un espace pour une pratique, une vraie pratique mais recréée de l'intérieur et dès lors coulant de source.
Enfin, s'il ne s'agit pas d'un système, fasse la Shakti qu'il ne s'agisse pas non plus jamais d'un "mode", - chacun se mettant à "cachemiriser" dans son coin en picorant à droite et à gauche des miettes de savoir de seconde main. C'est avec plus d'amusement que d'inquiétude que nous voyons ainsi de plus en plus de gens citer, voire "traduire" des textes dont on se demande s'ils les ont vraiment lus. Ainsi l'admirable Vijñâna-Bhairava - pour n'évoquer qu'un seul joyau de cette tradition - est-il mis désormais à toutes les sauces, - sauces pour la plupart fades ou indigestes hélas, où l'on cherche en vain le goût de la cannelle et du safran. »
Pierre Feuga
Almora, librairie dédiée au Yoga, située à Paris 20e
Cette librairie réunira à court terme plus de 3000 ouvrages, des traductions du sanskrit aux grands succès de Frédéric Lenoir ou Mathieu Ricard, des ouvrages pratiques de yoga aux méthodes de méditation de pleine conscience, de la philosophie dans son sens premier de sagesse aux rayons jeunesse pour les premiers pas en yoga ou en relaxation de votre enfant . Bref tous les livres ayant un rapport authentique à la spiritualité : des livres sur votre chemin.
Almora publiant depuis 10 ans des livres de sagesse ouvre sa librairie près du Père Lachaise et de la place Gambetta à Paris.
Cette librairie réunira à court terme plus de 3000 ouvrages, des traductions du sanskrit aux grands succès de Frédéric Lenoir ou Mathieu Ricard, des ouvrages pratiques de yoga aux méthodes de méditation de pleine conscience, de la philosophie dans son sens premier de sagesse aux rayons jeunesse pour les premiers pas en yoga ou en relaxation de votre enfant . Bref tous les livres ayant un rapport authentique à la spiritualité : des livres sur votre chemin.
Interview avec Claude Bard, fondateur d'Almora:
Comment est née l'idée de créer Almora ?
Par une rencontre, celle de Pierre Feuga avec qui j’apprenais le yoga, et par notre passion commune pour le livre et la spiritualité. Almora (le nom d’une ville indienne, choisi par Pierre pour ses sonorités) est née en 2005, dix ans donc déjà !
Quels sont les critères de sélection de vos livres ?
Depuis le départ, nous nous sommes spécialisés dans la spiritualité, plutôt laïque, bien souvent d’inspiration orientale. Aujourd’hui, je partage avec José le Roy le choix de nos publications sur des critères simples : la qualité, l’originalité et, le plus important : un vrai coup de cœur !
Alors quel est votre coup de cœur « yoga » pour les fêtes ?
Nous publions « Corps de vibration », le deuxième tome de l’œuvre majeure d’Eric Baret, qui enseigne le yoga dans la tradition de Jean Klein et du shivaïsme cachemirien. C’est une somme imposante et très originale, avec de nombreuses photos. C’est un livre à part de la production habituelle sur le yoga et cela en fait tout son intérêt.
Comment envisagez-vous l'avenir dans un monde de plus en plus virtuel ?
Les nouvelles technologies sont une opportunité dans le monde du livre, mais le numérique ne remplacera pas le livre papier. Il ne faut pas avoir peur de l’avenir. Nous venons de créer notre librairie et recevons beaucoup de clients enthousiastes. Nous publions des livres dont certains se vendront encore dans cinquante ans. L’intérêt pour le yoga, la méditation, la spiritualité ne se dément pas. Oui le monde change et certaines expressions de cette mutation sont inquiétantes. C’est pour cela que nous avons besoin d’une séance de yoga et d’un livre de sagesse pour trouver la paix intérieure.
Pour découvrir la collection de livre de Yoga à Almora cliquez ici!
Librairie Almora – spiritualité et mieux être
www.almora.fr/
43, avenue Gambetta
75020 Paris
01 42 52 24 91
M° Gambetta (sortie place Martin Nadaud)
Bus 69, 61 (arrêt place Martin Nadaud)
Principes du Yoga du Cachemire, par Koos Zondervan
Par “Yoga du Cachemire”, on entend ici l’approche du yoga de Jean Klein. Comme son nom l'indique, cette approche est originaire du Cachemire.
Jean Klein était considéré comme un maître spirituel entre 1957 et 1998, et son yoga, qu'il préférait appeler approche corporelle, constituait un tout avec son enseignement spirituel.
L’enseignement spirituel de Jean Klein se réfère à la voie directe, laquelle renvoie directement à notre véritable nature et a, en principe, le pouvoir de conduire à la réalisation de notre véritable nature…
Par “Yoga du Cachemire”, on entend ici l’approche du yoga de Jean Klein. Comme son nom l'indique, cette approche est originaire du Cachemire.
Jean Klein était considéré comme un maître spirituel entre 1957 et 1998, et son yoga, qu'il préférait appeler approche corporelle, constituait un tout avec son enseignement spirituel.
L’enseignement spirituel de Jean Klein se réfère à la voie directe, laquelle renvoie directement à notre véritable nature et a, en principe, le pouvoir de conduire à la réalisation de notre véritable nature.
Pourtant la voie directe exige une maturité spirituelle rare, ainsi que le disait Jean Klein :
“Pour un corps-mental conditionné, c’est presque impossible d’être touché par la vérité, d’être ouvert à la grâce”.
Correctement pratiqué, le yoga du Cachemire a le pouvoir d’éliminer les conditionnements du corps et du mental et de déclencher un processus de maturation par lequel le pratiquant s’ouvre à l’enseignement spirituel. À l'inverse, l’enseignement spirituel fait naître l’attitude juste pour une pratique efficace du yoga.
PREMIER PRINCIPE: L’ENSEIGNEMENT SPIRITUEL ET LE YOGA (DE JEAN KLEIN) SE COMPLÈTENT ET SE RENFORCENT L’UN L’AUTRE.
Quelques aphorismes de l’enseignement de Jean Klein:
1. L’homme est destiné à se connaître
2. Finalement vous vous découvrez derrière vous-même
3. Délivrance de la personne, pas pour la personne.
Le premier aphorisme veut dire que dans la création une force active fait que, finalement, chaque être humain va se connaître, va réaliser le Soi.
Dans la tradition du Cachemire cette force est appelée “anugrahashakti” (littéralement: énergie qui saisit l’individu).
Une bonne traduction de “anugrahashakti” est “énergie de grâce”.
Cet aphorisme est très important pour nous, parce que cela veut dire que la création est programmée de telle façon que nous, en suivant tranquillement le courant de la vie, allons atteindre notre destination: la réalisation de notre véritable nature.
Vu dans cette perspective, le yoga n’est là que pour donner un coup de pouce à notre développement humain naturel.
D'autres maîtres ont également énoncé cette idée, par exemple :
“A chaque moment de votre vie, la nature s’occupe de vous conduire à votre destination.” (swami Sivananda)
Le deuxième aphorisme fait référence à la Mundaka Upanishad, qui compare l’homme à deux oiseaux dans un arbre : un oiseau mange les fruits de l’arbre (il agit dans le monde), pendant que l’autre oiseau seulement regarde.
Cela veut dire que nous existons, pour ainsi dire, à deux niveaux.
Notre véritable nature, le Soi, l’oiseau qui seulement regarde, est en dehors du temps et de l’espace, n’est jamais né et ne peut pas mourir non plus.
La personne, le système corps-mental, l’oiseau qui mange les fruits de l’arbre, est une expression dans le temps et dans l’espace de notre véritable nature.
Le deuxième aphorisme signifie que, finalement, notre véritable nature derrière la personne, va se reconnaître.
Le troisième aphorisme indique que, en cas de réalisation du Soi, l’accent qui d'habitude est centré sur la personne, c'est-à-dire sur notre existence dans le temps et dans l’espace, glisse soudainement vers notre axe intemporel, vers notre véritable nature. Alors l’identification avec le corps et le mental s’arrête avec la disparition de l'illusion d'être une personne.
En fin de compte la personne n’est qu’une expression temporelle de notre véritable nature dans le temps et dans l’espace.
Dans la tradition du Cachemire notre véritable nature est appelée Shiva (Dieu).
Shiva est toujours uni à l’énergie, Shakti, même voilé en se manifestant comme être humain.
La différence entre un homme réalisé, un bouddha, et un homme qui n’a pas (encore) réalisé sa véritable nature, est une différence énergétique.
Chez un homme pas encore réalisé une énergie obscurcissante (mayashakti) est active, laquelle est liée à la colonne vertébrale.
Cette énergie obscurcissante fait que notre véritable nature, Shiva, ne se reconnaît plus, que pour ainsi dire, Shiva s’oublie.
Donc, d'un point de vue énergétique, cette énergie obscurcissante doit être transformée.
Des indications dans ce sens sont fournies par le Vîjñana Bhairava Tantra, favori de Jean Klein. Ce Tantra donne par exemple l’indication suivante :
“Ô Bien aimée, de même que, grâce à la lumière d’une lampe ou aux rayons du soleil, on peut discerner le monde, c’est grâce à Shakti que l’on peut connaître Shiva.” (shloka 21)
Donc, grâce à notre énergie (de vie), nous pourrions prendre conscience de notre véritable nature. L’énergie dans l’homme se manifeste par le corps d’énergie (prânamayakosha).
Le corps d’énergie vitalise aussi bien le corps physique (annamayakosha) que ses enveloppes (kosha) plus subtiles.
Également il transmet leurs influx dans un sens comme dans l’autre.
De cette indication du Vîjñana Bhairava résulte le principe suivant.
SECOND PRINCIPE : PENDANT LE TRAVAIL CORPOREL ON FAVORISE L’ACTIVATION DU CORPS D'ÉNERGIE.
Activer le corps d’énergie est réalisé comme suit :
Pendant le travail corporel, on se met à l'écoute du corps. Il s'agit d'une écoute ouverte, réceptive, non volitive, sans référence. Jean Klein appelait cette attitude “impersonnelle”, parce que, dans cette écoute, toutes les images liées à la personne disparaissent, ainsi que les ambitions, les efforts, les jugements. Cette attitude impersonnelle fait que les tensions neuro-musculaires diminuent. C'est la condition principale à accomplir. Alors le corps d'énergie peut s'éveiller.
Pendant le travail corporel, on s'ouvre au sens tactile et on “travaille” avec le sens tactile, utilisant la faculté d'évocation.
C'est de cette manière que l'on abordera le travail corporel classique (exercices, postures, bandha, mudrâ).
La pratique de kapalabhâti, bhastrika, prânâyâma, mahâ mudra, occupe une place importante.
Selon Jean Klein et les textes classiques de yoga comme le Goraksashatakam, la Hathayoga Pradipika et la Shiva Samhita, la posture parfaite (siddhasana) et la posture du lotus (padmasana) sont les postures les plus transformantes.
À cause des tensions profondes, des résistances et un usage trop unilatéral des articulations de la hanche, ces postures, pour beaucoup des personnes, sont inabordables.
Par une pratique régulière, on peut surmonter ces obstacles sans faire violence au corps.
En premier lieu, sont importants des exercices et des postures qui libèrent le dos de ses entraves et lui permettent de se redresser.
Alors un flux puissant d’énergie peut se manifester le long du dos.
Ensuite viennent les exercices et les postures qui ouvrent les articulations des hanches.
Quand le corps est suffisamment libre de contraintes pour que l'on soit capable de rester assis, détendu, le dos droit, dans la posture du lotus, on est en mesure de constater clairement que cette posture active le corps d’énergie.
Alors l’expérience tactile du corps devient très spacieuse et “vacante”.
Tant que le corps n’est pas encore capable de rester confortablement dans la posture du lotus, on peut pratiquer le demi-lotus (ardha-padmasana) ou la posture parfaite, éventuellement à l’aide d’un coussin.
Quand le corps d'énergie est activé, quand le corps physique est libéré de ses tensions et entraves, quand l’enseignement spirituel est bien assimilé, l’esprit spontanément devient méditatif. De cela découle le principe suivant.
TROISIÈME PRINCIPE : FINALEMENT SURGIT UN ÉTAT D'ATTENTE SANS ATTENTE.
Du point de vue biologique on peut comparer cet état avec une chenille qui a filé un cocon, dans lequel elle se retire pour se chrysalider.
La chenille ne fait rien, mais s’abandonne intuitivement au processus naturel de transformation, par lequel finalement, elle deviendra papillon.
Ainsi pour le pratiquant de yoga. Ayant complètement assimilé l’enseignement spirituel, il ou elle sait que le bonheur et la plénitude ne peuvent être atteints par les objets. Grâce à cette compréhension, la recherche extérieure et les efforts s’arrêtent.
Le pratiquant s’apaise dans l’état méditatif et la sensibilité et la réceptivité s’accroissent.
Ensuite, quand ce processus de maturation a progressé suffisamment, la source de l’énergie incarnée (kundalini) s’éveille. Alors cette énergie ouvre le canal central dans le dos (sushumnâ nadi) et, montant par ce canal, elle perce et transforme les différents centres d'énergie (chakra).
Pendant ce processus, l’énergie obscurcissante (mayashakti) est transformée, ce qui amène la réalisation.
Cela veut dire que notre véritable nature se dévoile sans l'entremise du mental ou des sens.
Le Bonheur, recherché toujours dans le monde, soudainement est réalisé.
LE CHERCHEUR EST LE CHERCHÉ
Jean Klein appelait cette transformation “notre véritable naissance”.
Cela amène une plénitude permanente.
L’énergie de vouloir/désirer (icchashakti), qui constitue le moteur de l’existence humaine, est alors résorbée dans sa source.
Koos Zondervan 2012, Texte français corrigé par Barbara Litzler