L’amour “juste”
J’ai lu un jour qu’il existe, dans l’année, un mois où les séparations et les divorces atteignent un pic : le mois de janvier.
Il y a maintenant quelques années, à l’âge de 37 ans, je suis moi aussi passé, par choix, par cette initiation. Je sentais alors la crise de la quarantaine, arrivée un peu précocement, me frapper de plein fouet.
J’ai entamé à ce moment-là un long travail thérapeutique, intense, qui a duré près de huit ans. Il me fallait remettre à plat tout ce que je croyais être, mes convictions les plus profondes. Couper le bois mort. Mourir, en quelque sorte, pour pouvoir renaître.
L’une des thématiques centrales de ce chemin a été la notion de ce que j’ose appeler l’amour “juste”.
Sans prétendre détenir une quelconque vérité, j’aimerais simplement partager quelques fruits de ce travail personnel.
Il me semble d’abord essentiel d’apprendre à être amoureux de soi, non pas dans un sens narcissique, mais dans une forme d’autonomie affective. Se sentir suffisamment entier permet ensuite d’entrer en relation non pas depuis le manque, mais depuis l’envie saine de partager.
Il me paraît tout aussi fondamental de laisser à l’autre la liberté d’être ce qu’il est, sans chercher à le façonner à l’image de ce que l’on aimerait qu’il soit.
Ne pas enfermer non plus l’être aimé par peur de perdre. Sting, grand yogi à sa manière, l’a très bien formulé : « If you love somebody, set them free ». Et, paradoxalement, c’est souvent bien plus attirant.
Je ne développerai pas ici les mécanismes de chantage affectif, de culpabilisation et de victimisation, qui m’ont appris, avec le temps, à prendre de la distance.
La communication est un pilier si important à mes yeux. Une communication constante, fondée sur satya, la véracité, ce principe du yoga qui nous invite à aligner pensée, parole et action. Dans l’amour comme dans la vie, cet alignement change tout.
Dans cet amour, il y a bien sûr des points et des rythmes communs, mais aussi des différences, parfois complémentaires, ce qui donne à la relation une dynamique alchimique et créatrice, qui dépasse les individualités sans les dissoudre.
C’est un amour fondé sur le respect, le soutien et la responsabilité, sans sauvetage ni dépendance.
Quand cette forme d’amour, peut-être idéalisée, mais c’est une direction, est là, quelque chose se dépose en soi. Il n’y a plus besoin d’être autre chose que soi. L’épanouissement et la joie deviennent alors naturels.
Yotham