Ojas - Le Rayonnement

Tout a commencé par un système digestif qui se dérégulait trop souvent, et que je reliais, à juste titre, à des pratiques yogiques trop intenses et à un régime alimentaire que je croyais adapté à mon corps.

Une remise en question de toutes mes croyances est alors devenue indispensable.

J’ai commencé par regarder de près tout ce que j’introduis dans mon corps : nourriture, boissons, rythmes de vie. Et il m’est apparu que beaucoup de mes pratiques yogiques méritaient aussi d’être interrogées.

Je suis tombé de haut...

À la lumière de la sagesse de l’Ayurvéda, j’ai découvert à quel point je m’étais, sans le vouloir, malmené. J’ai donc transformé mon alimentation en l’adaptant très précisément à ma constitution (pitta–kapha, avec un vata qui a tendance à se dérégler).

Puis j’ai fait la même chose avec le yoga… et là, nouvelle surprise : certaines pratiques auxquelles je croyais tant, et que j’aimais profondément, se révélaient incompatibles avec mon terrain.

Tout ce qui attise le feu intérieur, et il y en a beaucoup dans le yoga moderne, ne faisait que me déséquilibrer encore et encore.

Ce qui est incroyable, c’est qu’en à peine deux semaines après les changements, un état de grâce s’est installé : une clarté mentale limpide, une joie simple, un sentiment de stabilité intérieure… comme si quelque chose de profond se remettait naturellement en place.

En Ayurveda, ce rayonnement porte un nom : Ojas. C’est une qualité naturelle, innée, mais souvent affaiblie par un mode de vie qui l’obscurcit.

Je n’ai aucune intention d’offenser qui que ce soit, ni enseignant, ni tradition.

Mais il me semble aujourd’hui essentiel de tirer une petite sonnette d’alarme :

Pour les constitutions dominantes pitta (feu) ou vata (air), des pratiques (faites intensivement)) comme nauli, agnisara, bhastrika, kapalabhati, les longues séries de salutations en rétention, les bains très froids ou l’exposition prolongée à la chaleur extrême et bien d'autres, ne font, selon mon expérience et mes recherches, qu’alimenter l’incendie plutôt que de construire le foyer...

Oui, ces pratiques peuvent procurer une sensation de bien-être. Mais je doute qu’elle soit durable ou adaptée à tous.

J’ai l’intime conviction qu’une petite partie seulement des constitutions y trouve un réel bénéfice profond.

Mon intention n’est ni de juger ni de prescrire.

Dans ces domaines, il n’y a pas de “bon” ou de “mauvais”, mais plutôt une invitation à une écoute fine de ce qui est juste pour soi.

Vive la voie du milieu.

Yotham

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Délivrance, par Pierre Feuga